Spécifique
agriculture biologique - TER - Développement durable - TGV - Alimentation - Transformation - écologie - Europe Ecologie - Langue - Economie sociale et Solidaire / ESS - logement - biodiversité - BIO - plan climat
Monsieur le Président, mes cher/es collègues,
Nous souhaiterions, à travers ce contrat de plan régional, porter une attention toute particulière sur le nouvel axe « métiers de la croissance verte ».
Nous tenons à saluer la reconnaissance politique et l’investissement technique qui sera produit en direction des métiers des filières vertes, grâce à la mise en place d’un plan sectoriel spécifique.
En effet, notre groupe politique considère que l’avenir industriel de l’Aquitaine se joue dans les secteurs d’activité dits « verts », liés à la sobriété et aux économies d’énergie, aux éco-activités, aux énergies renouvelables ou encore à la protection de l’environnement. Au plan national, les activités de cette économie verte représentent, tous métiers confondus, 950 000 emplois, dont près de 420 000 dans les éco-activités et 530 000 dans les activités qui produisent des biens et services favorables à la protection de l’environnement ou à la gestion des ressources naturelles. (Source : Service de l’observation et des statistiques). Le scénario Négawatt va plus loin dans la comptabilisation des emplois consolidés et créés, en maximisant les « gisements de négawatts » qui peuvent être trouvés, en France, si l’on engage une politique très volontariste de réduction des consommations et de rénovation énergétique : 685 000 emplois verts pourraient être créés d’ici 2020, si cette transition était enclenchée dès 2012.
Des conditions positives agissent sur la rencontre de l’offre et de la demande sur le marché du travail dans le domaine des métiers verts :
Cependant, les organisations professionnelles présentes la semaine dernière, à l’occasion de notre premier débat public énergie climat, aux côtés de la Direction de la Formation, ont exprimé une réalité un peu plus mitigée :
Si les outils techniques existent, et sont soutenus par la Région (comme le programme FEEBAT), en revanche l’élément clé dans leur mise en place et leur développement est bien le marché : ainsi dans le domaine du solaire, les formations qualifiantes sont au point mort, du fait de la situation du marché suite au moratoire (marché des particuliers et d’aménagement extrêmement ralenti, voire au point mort, ce qui perturbe beaucoup le marché local et notamment les plans de recrutement des producteurs et installateurs de panneaux, qui subissent une crise aiguë : déjà 10 000 emplois supprimés en France).
Ceci nous amène à exprimer les attentes fortes qui pèsent sur notre institution régionale pour faire face à ces aléas conjoncturels, et pour maintenir un marché local dans le domaine des énergies renouvelables. Comment pouvons-nous agir, dans la mesure du possible, pour atténuer la politique gouvernementale néfaste, pour ne pas dire destructrice des filières vertes ?
Le Fonds de soutien aux EnR, en préparation, sera un élément de réponse régional. Cependant, nous insistons sur la nécessité de consolider et d’intensifier, de façon beaucoup plus massive et volontariste, les crédits alloués à notre politique énergie-climat ce qui nous permettrait :
Nous souhaitons, par ces quelques exemples, montrer les points de convergence très forts entre les investissements d’avenir que nous initions dans le domaine énergie-climat et les actions initiées dans le cadre de la compétence Formation professionnelle. Les deux sont tout à fait indissociables. Sans soutien au marché local, pas d’actions de formation qualifiante, donc pas d’emplois à la clé !
L’enjeu est de taille : maintenir puis développer les emplois verts d’Aquitaine – rappelons que l’Aquitaine est très bien positionnée dans ce domaine pour le moment…
Nous espérons donc que la vision coordonnée de la Région sur ce sujet majeur pourra s’intensifier, et se traduire de façon très concrète par des investissements croissants dans le domaine énergie-climat. Gageons que l’économie verte fera sous peu son entrée dans les grands projets régionaux de formation professionnelle indiqués à la page 85 du rapport sur les OB !
Un oubli aussi mes chers collègues dans ce document : la formation en basque ou en occitan n'a pas été évoquée. Pourtant aussi bien l'Office Public de la Langue Basque que l'Amassada (prononcer AMASSADE) pour l'occitan avaient recensé des besoins en matière de formation. Et vous n'êtes pas sans savoir le rôle central de la formation dans une politique linguistique. Cette question est un élément de notre politique en faveur de nos langues. Pourquoi n'y a t-il rien ? Comment peut on rattraper cela ? Il y a des besoins dans certains métiers liés à la petite enfance, au service à la personne, au tourisme, aux médias, aux métiers de la culture et du patrimoine, et tous les métiers qui peuvent avoir un lien avec le développement linguistique que mettent en place des collectivités. Nous souhaitons simplement que l'on soit cohérent avec la politique régionale en matière de langues et donc que l'on puisse ajouter une mention de cette question, par exemple dans l'article 1 intitulé : « le diagnostic partagé ». Ensuite dans l'article 3.2.10 on pourrait imaginer d'intégrer cette question dans la partie intitulée « formation complémentaire pour les nouveaux métiers ».
Monsieur le Président, mes cher/es collègues, je vous remercie de votre attention.